Guide Icarus: Les amies font le meilleur des remèdes

couv2

Disponible en téléchargement sur ce blog,
la première édition en français de la brochure du Projet Icarus: Les amies font le meilleur des remèdes: guide pour créer des réseaux de soutien de santé mentale
Parue pour la première fois en 2008 et réédité en 2013, cette brochure a permis a des groupes affiliées à Icarus ou qui s’en inspire de naître partout dans le monde.

lesamies_40p_cahier

On peut aussi la retrouver en plusieurs versions (couleur, noir et blanc, version originale) sur le site https://icarus.poivron.org

En espérant qu’elle vous inspirera et permettra à des groupes de se créer par chez nous! 🙂
les traducteurices (helo, pticarus, sisu)

ps: Il existe en français un autre guide d’Icarus,
Guide pour décrocher des psychotropes en réduisant les risques
ainsi qu’une petite brochure Traverser une crise

Vous pouvez les trouver, ainsi que Les amies sont le meilleur des remèdes, sur https://icarus.poivron.org

La théorie des cuillères

J’avais envie de faire connaître un super petit texte appelé « la théorie des petites cuillères » de Christine Miserandino, publié sur son site Butyoudontlooksick.com (Mais tu n’as pas l’air malade).

Dans ce texte, Christine est au restaurant avec une amie et lui explique à l’aide de cuillères comment c’est de vivre avec sa maladie (le lupus). Bien que ma maladie soit très différente de la sienne, je me retrouve carrément dans son histoire:

« (…) J’ai horreur de me sentir à part, de devoir choisir de rester à la maison, ou de ne pas faire les choses que je voudrais faire. Je voulais qu’elle ressente ma frustration. Je voulais qu’elle comprenne que tout ce que les autres font est facile, mais que pour moi, chaque chose est divisée en une multitude de petites tâches à accomplir. Je dois penser à la météo, à ma température, et la journée entière doit être planifiée avant même que je puisse attaquer la moindre tâche. Alors que les autres personnes peuvent faire les choses simplement, je dois attaquer et faire un plan, comme si j’étais une stratège planifiant une guerre. C’est dans cette façon de vivre que réside la différence entre être malade et être en santé. Il y a cette belle habileté de ne pas avoir à penser et pouvoir agir. Je m’ennuie de cette liberté. Je m’ennuie de ne pas avoir à compter mes « cuillères ». (…) »

Pour télécharger le texte: La-Theorie-des-cuilleres

(c’est)Complétement toqué (d’en arriver là)!

Publié dans Timult n°8 Septembre 2014

L’article est un peu dur à lire en ligne, je vais essayer de modifier ça vite, mais vous pouvez aussi le télécharger en PDF en cliquant là: completement-toque-timult8

L’ENFER DONT TU ES L’HERO.INE

Ça commence comme ça : t’es quelqu’un de très sensible, et il t’arrive un truc, un « traumatisme » comme ça s’appelle. Ton système arrive pas à gérer, alors tu bidouilles quelque chose pour que la vie reste supportable, quelque chose que tu faisais peut-être déjà des fois. Ça commence pas direct, ça prend même assez de temps pour que tu fasses pas forcément le lien. Mais un jour, tu vas dans un festival avec des gens qui sont pas sympa avec toi, et en rentrant tu passes un coup d’éponge sur ton sac à dos. Puis t’invites un type chez toi qui te drague et t’engueule quand tu refuses ses avances, et quand il se barre, tu te douches et changes de fringue. Pas grand chose quoi. Mais peu à peu, tout rentre dans cette logique, tu gères tout comme ça, faut que tu te douches avant d’aller dans ton lit et que tu touches rien entre les deux (t’as des chaussons spéciaux pour faire le trajet), tu laves l’étendage et le tour de la machine avant d’étendre tes vêtements, quand tu rentres chez toi de dehors tu laves tout : ton sac, ce qu’il y a dans ton sac, tes habits, y compris ton manteau et tes chaussures (autant dire que l’hiver tu sors pas beaucoup, et que t’as souvent froid parce que pour avoir chaud faudrait faire une machine par jour et que ça te prend jusqu’à 3h pour l’étendre)… Bref il faut absolument éviter le contact, la contamination, entre toi et tout ce qui te dérange dans le monde. Tes proches commencent à s’inquiéter, les potes te demandent si tu deviendrais pas folle pour de bon, ta mère te hurle d’aller te faire soigner. M’enfin ça va pas plus loin que ça. En plus comme t’arrives toujours à aller au travail (tu te laves quand tu rentres mais sur place rien n’y paraît), ça passe. Peu à peu tu renonces. Aux jeux de société, au tricot, au dessin, aux livres, au cinéma, au café, aux ami·es. Tu regardes de plus en plus la télé, parce que c’est encore l’activité qui demande le moins de toucher des trucs. À un moment, la souffrance que ça te provoque devient plus forte que le sentiment de protection que ça t’amène, et t’arrives à aller voir un psychiatre. Il te colle des médocs et te conseille d’aller voir un·e psychothérapeute comportementaliste (els commencent depuis peu à traiter les tocs[1], ce qui est déjà mieux que quand c’était même pas reconnu). Continue reading (c’est)Complétement toqué (d’en arriver là)!

Appel à contribution: Manuel d.i.yagnostic des dons dangereux

Pour une alternative au DSM: Un manuel d.i.yagnostic des dons dangereux communément appelés maladies mentales – fait par celles et ceux qui vivent avec

Pour contribuer ou si tu as des questions: manueldiyagnostic at poivron.org

L’idée de ce manuel est de réunir des textes et matériaux écrit par des gens qui se débattent avec des dons dangereux pour permettre de mieux comprendre ces derniers et de voir différent chemin pour les cultiver et les transformer.

Inclus ta réponse aux points ci dessous. Ta réponse peut être courte, même sous forme de liste pour les points 2 & 3. Si tu as des questions ou des problèmes concernant ces questions, n’hésite pas à m’écrire! Tu peux inclure des dessins, des photos etc (photos haute résolution et dessins au stylo noir).

1.  Le nom de ton dons dangereux. Trouve le nom qui te convient le mieux pour le nommer, qu’ils correspondent ou non à un diagnostic classique.

2.  Une description de ton don dangereux incluant ces caractéristiques spécifique/ « symptômes » (si tu le peux, inclus des caractéristiques positives)

3.  Une description des formes de traitement/ outils de guérison/transformation/ rétablissement  qui sont ou ont été pertinentes pour toi. Tu peux simplement parler de que tu as besoin de faire pour fonctionner dans une société où la folie est stigmatisée. Tu peux aussi expliquer quel pratiques de soin de toi sont importantes pour éviter des états extrêmes ou d’épuisement, comment tes amis, ta familles ou des professionnel peuvent t’aider, quels plantes/ nourriture/ médicaments/ drogues t’es utile..

Continue reading Appel à contribution: Manuel d.i.yagnostic des dons dangereux

Préliminaires, contrôle médicale et thermomètres

Originellement publié dans Offensive n°32 Libération sexuelle Décembre 2011 sous le titre « Si je veux, quand je veux »

S’il y a bien une notion essentielle à la liberté sexuelle et procréatrice, c’est celle de choix. Le choix de: si, quand, avec qui et comment l’on a des rapports sexuels et le choix de : si, quand, avec qui et comment l’on intègre un jeune humain dans sa vie. Avoir le choix implique, non seulement de ne pas y être contraint-e-s, d’avoir accès aux moyens contraceptifs et abortifs, mais aussi de pas être depuis le berceau imprégnés par une idéologie réduisant les choix socialement acceptables. On ne peut pas dire que ce soit le cas à l’heure actuelle.

Procréer est souvent présenté comme un passage obligatoire, une fatalité de la vie; un fait de nature. Pourtant »l’espèce humaine est relativement infertile.. »1 et le seul acte fécondant, le coït n’est pas le seul acte sexuel possible, ni le seul procurant du plaisir. D’ailleurs, pour une part non négligeable de femmes, il n’en procure que peu ou pas. C’est donc tout un dispositif social, idéologique et parfois de contraintes physiques et psychiques qui sont nécessaires pour que le risque de grossesse soit si présent dans la vie des femmes.

Continue reading Préliminaires, contrôle médicale et thermomètres

Mais où sont les enfants (et les parents) dans La Lutte ;) ?

Publié dans Labordage n°1 Avril 2013

La première fois que j’ai vu un espace enfant ma réaction a été viscérale : «bonjour l’apartheid social !». Cet espace me faisait l’effet de servir à «parquer» les enfants sous la surveillance de quelques adultes de façon à ce que les autres soient tranquilles pour réunionner/ faire la fête. Ce qui selon moi ne questionnait pas du tout la division adultes/enfants ni l’exclusion de ces derniers des réunions.
En plus, il s’appelait «espace parent-enfant», ce qui n’incitait pas vraiment au partage de l’attention aux enfants entre parents et non parents.

J’avais alors eu envie de réfléchir à des dispositifs tels qu’ un «espace jeux» où n’importe qui ayant envie de jouer plutôt que de faire des réunions pourrait venir. On y trouverait des jeux, des crayons, du papier, des déguisements, que sais-je. Voilà, pas de catégorisation «adulte» «enfant» «parent», c’est parfait. Ce serait couplé d’un espace soin «pour tout le monde» bien sûr, où y’aurait des boites de premiers secours, des tables à massage et à langer, des référents médics.

Sur quoi, j’ai lu don’t leave your friends behind1, « une anthologie (américaine, ndt) de conseils concrets, de suggestions et de récits sur les manières dont les non-parents peuvent soutenir les enfants, les parents et autres accompagnants dans leurs communautés, mouvements sociaux et processus collectifs ».
Dans ce sens, a été notamment développé dans plusieurs villes des états-unis un outil : le radical childcare collective  (collectif d’attention aux enfants radicale).

Continue reading Mais où sont les enfants (et les parents) dans La Lutte 😉 ?

Mon cerveau ne sera jamais formé

Effets de lecture : « le cerveau évolue-t-il au cours de la vie ?

Publié dans Labordage n°1 Avril 2013

« Au cours des apprentissages et des expériences, c’est la structure même du cerveau qui se modifie avec la fabrication de nouvelles connexions entre les neurones. On parle de plasticité cérébrale pour décrire cette extraordinaire propriété du cerveau qui se façonne au cours de l’histoire vécue. »

La neurobiologie, ça me rassure. J’aime considérer mes processus mentaux comme des chemins de pensées-des connexions de neurones (synapses), qui se font et se défont, rapidement, par l’entraînement, plutôt que comme des inconscients-je-ne-sais-quoi ou des instincts gravés dans mes gênes.

J’aime le fait que les dés ne soit pas jetés d’avance, ni à la naissance, ni à six, ni à dix-huit ans.
Mon cerveau ne sera jamais formé, et ça m’enchante, et ça m’apaise.

Continue reading Mon cerveau ne sera jamais formé

Un conte sur toutes les formes d’amour -par starhawk

La déesse bénit toutes les formes d’amour

Publié en langue originale dans Circle round, 1998
Traduit en mai 2014

Faites un cercle, et je vous raconterais l’histoire de comment le Mât de Mai vint au monde

Il était une fois, il y a fort longtemps -ou peut-être dans un temps qui n’est pas encore venu- vint un printemps où aucune fleur n’éclot.

Les cerisiers et les pruniers n’avaient ni fleurs blanches ni fleurs roses ni fleurs rouges. Aucun pissenlit ne poussaient à travers le sol froid, aucun bourgeons ne se formaient sur les roses. Aucun lilas ne parfumaient l’air, et aucun coquelicot n’ouvraient ses pétales brillant au vent. Et le pire de tout, c’est que personne ne semblait le remarquer.

A l’exception d’une petite fille, appelé Vivianne.

« Où sont les fleurs ? », demandaient Viviane à toutes les personnes qu’elle rencontrait, et tout le monde la regardaient étrangement.
«Les fleurs, quels fleurs ? » lui demandait la factrice, « Je n’ai pas le temps de me préoccuper des fleurs, j’ai une tournée à finir »

«J’ai entendu parler des fleurs » dit la bibliothécaire, « Je suis sûr d’y avoir vu une référence quelque part »

« Peut-être parle-t-elle de fleurs en sucre » Dit l’épicier «Peut-être qu’elle fait un gâteau »

« J’ai un super jeu d’ordi avec des fleurs » dit son frère « qui a besoin de mettre ses mains dans la boue quand on peut faire pousser son propre jardin virtuel ? »

Continue reading Un conte sur toutes les formes d’amour -par starhawk