Un conte sur toutes les formes d’amour -par starhawk

La déesse bénit toutes les formes d’amour

Publié en langue originale dans Circle round, 1998
Traduit en mai 2014

Faites un cercle, et je vous raconterais l’histoire de comment le Mât de Mai vint au monde

Il était une fois, il y a fort longtemps -ou peut-être dans un temps qui n’est pas encore venu- vint un printemps où aucune fleur n’éclot.

Les cerisiers et les pruniers n’avaient ni fleurs blanches ni fleurs roses ni fleurs rouges. Aucun pissenlit ne poussaient à travers le sol froid, aucun bourgeons ne se formaient sur les roses. Aucun lilas ne parfumaient l’air, et aucun coquelicot n’ouvraient ses pétales brillant au vent. Et le pire de tout, c’est que personne ne semblait le remarquer.

A l’exception d’une petite fille, appelé Vivianne.

« Où sont les fleurs ? », demandaient Viviane à toutes les personnes qu’elle rencontrait, et tout le monde la regardaient étrangement.
«Les fleurs, quels fleurs ? » lui demandait la factrice, « Je n’ai pas le temps de me préoccuper des fleurs, j’ai une tournée à finir »

«J’ai entendu parler des fleurs » dit la bibliothécaire, « Je suis sûr d’y avoir vu une référence quelque part »

« Peut-être parle-t-elle de fleurs en sucre » Dit l’épicier «Peut-être qu’elle fait un gâteau »

« J’ai un super jeu d’ordi avec des fleurs » dit son frère « qui a besoin de mettre ses mains dans la boue quand on peut faire pousser son propre jardin virtuel ? »

« Peut-être qu’il faut qu’elle se couche plus tôt » dit sa mère. Peut-être qu’elle est en train d’attraper quelque chose »

«Mais les fleurs ne manquent à personne ? » gémi Vivianne

« Elle est confuse » dit le professeurs, « nous devons être gentille avec elle »

« Elles est malade » dit le docteur, « nous devons la soigner. »

« Elles est dingos ! s’exclamèrent les autres enfants, et ils se moquèrent d’elle jusqu’à ce que Vivianne soit si fâché qu’elle se mette à courir en dehors du jardin de l’école jusque dans la forêt

Elle courut et courut jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Elle se jeta par terre sur de la pelouse et se mit à pleurer.
« Personne ne m’aime ! » Gémit-elle. «Personne ne se soucie des fleurs ! Personne ne se soucie de moi »

« Je ressens exactement la même chose », dit une petite voix près de son oreille. Viviane leva sa tête et vit un minuscule pissenlit débraillé et défraîchit. Ces pétales étaient en loques, sa tige étaient plié et il semblait sur le bord de s’effondrer à tout moment. Mais c’était la seule fleur qu’elle avait vu de tout le printemps alors elle frémit d’excitation.
« Oh pissenlit » s’écria-t-elle, « Je suis si heureuse de te voir ! Tu es si belle ! »

« Pas vraiment », dit le pissenlit modestement, mais il se redressa.

« Pourquoi n’y a t-il pas de fleurs ce printemps ? Pourquoi ne manque-t-elle à personne ? »
Demanda Viviane

« Justement » dit le pissenlit « Les fleurs ne manquent à personne, alors pourquoi devrions nous éclore ? Une forme d’amour a quitté le monde, alors les esprits de la terre sont malades et les fleurs ont disparu. Mais avec la bonne forme d’amour, tu peux les faire revenir »

« Quel forme d’amour ? » Demanda Viviane

Mais le pissenlit dit seulement « Tu penses vraiment que je suis magnifique? Après tout, je suis la plus quelconque des fleurs »

« Je pense que tu es splendide ! »

Le pissenlit soupira « Je peux mourir heureux alors ! » Il s’effondra au sol, et un par un ses pétales s’asséchèrent et s’estompèrent.
« Pauvre fleur ! » Pleura Viviane, «  Tu était vraiment sublime »Mais elle se leva et sécha ses larmes. Car maintenant, elle savait que si seulement elle pouvait trouver la bonne forme d’amour, elle pourrait faire revenir les fleurs.

Viviane sécha ses yeux et rentra chez elle.

« Oh Viviane, j’étais si inquiète pour toi » s’écria sa mère

« Je te cherchais partout ! » dit son père

« Je surfais sur internet, essayant de te localiser » dit son frère

« Est-ce que vous m’aimez ? » demande Viviane
« Bien sûr » dirent ses parent

« Je suppose » dit son frère

« Alors aidez moi à faire revenir les fleurs ! Aidez moi à trouver la bonne forme d’amour »

Ses parents secouèrent leurs épaules et levèrent leurs sourcils, mais ils suivirent Viviane jusqu’au centre de la ville. Son frère roula des yeux, mais il vient lui aussi.

« Viviane ! Ou étais tu parti ? » s’écrièrent toutes les filles et les garçons.

« Je suis parti à la recherche des fleurs. Et maintenant, je sais que si nous trouvons la bonne forme d’amour, nous pouvons les faire revenir »

« Les fleurs, toujours les fleurs » dit une des filles, « t’as des fleurs dans le cerveau ! »

« Elle est angoissée » dit le professeur, « nous devons être patient avec elle.

« Elle est dérangé » dit le médecin, nous devons la tolérer »
« Alors ils laissèrent Viviane les mettre en cercle au centre de la ville. Ils se prirent les mains et fermèrent leurs yeux, mais rien ne se passa.

« Le cercle n’est pas assez grand » s’écria Viviane « Nous avons besoin de plus de formes d’amour »

« Je vais aller cherche Tonton Donald et Tonton Rick » s’écria une des filles « Ils s’aiment ! »
« Tu penses que leurs formes d’amour peut ramener les fleurs ? » s’exclama l’un des garçons

« Nous avons besoin de toutes les formes d’amour » dit Viviane, « Nous ne savons pas quelle forme d’amour est la bonne.

« Je vais cherche mon petit ami » s’écria la grande sœur d’une amie de Viviane

« Je vais chercher mes mères » s’écria l’un des garçons. « Elles s’aiment l’une l’autre et elles m’aiment aussi »
« J’aime mon métier » dit la factrice, entrant dans le cercle « J’aime amener des lettres aux gens »

« J’aime les arbres » dit une vielle femme qui vivait dans la forêt

« J’aime mon quartier » dit l’épicer, prenant sa main

« J’aime lire » dit la bibliothécaire

« J’aime mon jardin » dit un grand homme tenant une pelle

« J’aime mon chien » dit un tout petit garçon

« Ton chien ! » Tout les enfants rirent « Tu penses que ton chien peut ramener les fleurs ? »

« Mon chien m’aime mieux que n’importe lequel d’entre vous », dit le garçon et il courut le chercher

Le cercle s’agrandissait de minute en minute.

« Il n’ait toujours pas assez grand ! » S’écria Viviane

« Aucun cercle d’amour ne peut jamais être assez grand pour tenir toutes les formes d’amour » entendit-elle une voix dire. Une femme magnifique tenait sa main, ses cheveux couronnée de toutes les fleurs du printemps, ses yeux profond comme des puits, des lumières y dansant comme la surface étincelante d’un ruisseau riant. Son visage était vieux et jeune en même temps, et il semblait changer devant les yeux de Viviane. Un instant elle était sombre comme une violette et puis l’instant suivant elle était pale comme un lys blanc. Elle était jeune et fraiche et douce comme une fleur qui vient d’éclore, puis ancienne et ridée comme une noix .

« Qui est tu ? » Demanda Viviane. « Je suis la déesse » dit la femme « La reine de Mai. Tu m’as fait venir de l’Autremonde avec ton cercle d’amour »

« Alors nous avons finit par trouver la bonne forme d’amour ! » S’écria Viviane joyeusement

La reine de Mai sourit « Il n’y a pas de bonne formes d’amour, » dit-elle, « La Déesse bénit toutes les formes d’amour. Chaque fois que vous vous retrouver dans un cercle d’amour et de confiance, vous me faites venir »

« Mais alors comment faisons-nous pour faire revenir les fleurs ? » demanda Viviane

« Voilà ce que vous devez faire » dit la Reine de Mai. Elle pointa le centre du cercle, où se tenait un grand poteau . « Mon arbre de la vie est devenue un bâton mort, mais vous pouvez le ramener à la vie. Fais un cercle de tes bras, comme si tu essayais de faire un câlin à l’air » Viviane le fit, et elle se retrouva avec un grand cerceau d’argent dans ses bras. « Ceci est mon cercle de la renaissance – attache le au sommet de l’arbre, et place le poteau au sol » Elle secoua ses cheveux, et de ses cheveux des rubans de centaines de couleurs tombèrent au sol. « Et voici les rubans de l’amour. Attache chacun d’entre eux au cerceau de la vie, car chaque ruban marque une formes différentes d’amour, et sans chacun d’entre eux, mon cercle n’est pas complet »

« Là c’est l’amour que les parents ont pour leurs enfants »

« Et là l’amour que l’on pour sa meilleure amie

« Et là l’amour passionnée que deux femmes peuvent avoir l’une pour l’autre »

« Et là l’amour que l’on a pour ses grands-parents »

« Et là l’amour que l’on a pour un animal »

« Et là l’amour que l’amour et la passion qu’une femme et un homme peuvent avoir l’un pour l’autre »

« Et là l’amour que l’on a pour une amie avec laquelle on s’est fâché puis réconcilié »

« Et ici est l’amour sauvage et dévoué entre hommes »

« Et là l’amour que l’on a pour un professeurs vraiment géniale »

« Et là l’amour que l’on a entre frères et soeurs »

« Et là l’amour que l’on a pour ses frères et sœurs quand ils nous rendent dingues »

« Et là l’amour que tu as pour tes tantes et tes oncles »

« Et là l’amour de la musique, et de l’art »

« et là l’amour qui engendrent des enfants et fais venir de nouvelles âmes »

« et là l’amour que les gens ont les uns pour les autres quand ils travaillent fort ensemble »

« et là l’amour qui engendrent des nouvelles idées »
«Tenez mes rubans, et dansez autour de mon arbre, entourez l’arbre de l’amour et les fleurs écloront de nouveau.

Et alors les gens fabriquèrent le Poteau de Mai et dansèrent la danse du Mât de mai tout le long de la journée. Et alors qu’ils dansaient, des fleurs blanches et roses surgirent des pruniers et des cerisiers. Les jonquilles poussèrent du sol, et des bourgeons se formèrent sur les rosiers. Les lilacs parfumèrent l’air, et les coquelicots ouvrirent leurs pétales éclatants au vent.
Quand la danse fut finit, la Reine de Mai rassemblât tout ses enfants près d’elle.
« Je dois vous quitter maintenant », dit-elle « mais les fleurs vont rester dans toutes leurs formes et odeurs et couleurs, pour vous rappelez d’honorer toutes les formes d’amour. Et parce que c’est l’amour d’une enfant qui m’a fait venir, je vais vous offrir trois cadeaux : que beaucoup de formes d’amour viennent à vous, chacune au bon moment ; que vous soyez capable de dire oui aux formes d’amour qui sont bonne pour vous ; que vous soyez libre de dire non aux formes d’amour qui ne le sont pas. Parce que bien que tout amour est bénie, seule vous pouvez savoir quelle forme d’amour est bonne pour vous. Et maintenant je dois partir, mais chaque années, lorsque vous danserez la danse du Poteau de Mai, je serais avec vous, que vous puissiez me voir ou pas. En cela je suis comme l’amour. »

Et sur ce, elle disparut.

Mais les fleurs restèrent tout l’été. Et jusqu’à la fin des temps, quand le printemps vint, les gens dansèrent autour du Mât de Mai avec des rubans éclatants en honneur de toutes les fleurs et de toutes les formes d’amour.

 

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