Archives pour la catégorie Textes originaux

Je vais écrire un post par jour, et toi?

Ce mois de Novembre, je fais NaBloPoMo (National Blog Posting Month), un défi qui consiste à poster un article tous les jours sur son blog. C’est pour ça que ya autant de nouveaux articles! J’écris une fois sur deux en anglais, une fois sur deux en français.

Je verrais ce que je fais de mes posts à la fin du mois. Peut-être j’en supprimerais une partie… En même temps le but du défi est aussi d’intérioriser qu’on peut publier quelque chose d’imparfait, d’en cours, de pas fini. C’est pas pour rien que  posts se dit aussi « billet d’humeur ». C’est ce qui est vraiment trop super avec les blogs, de pouvoir partager ce qu’on pense avec le monde sans passer par un éditeur, comme les zines. Et pourtant jusque là je n’ai pas tellement réussi à m’approprier cet outil, je ne m’en suis servi que pour réunir des textes que j’ai publié ailleurs. C’est dommage.

Je me dis que ce serait sûrement plus facile si je connaissais plus de gens qui font des blogs. J’aurais moins l’impression d’être toute seule à me surexposer. Alors je t’encourage toi qui lit ces mots (oui TOI!) à commencer un blog, ou un vlog ou un podcast. Je comprend qu’on peut se demander à quoi ça sert de rajouter notre grain de sel à tout le bruit environnant. Mais en vrai, LE MONDE ATTEND IMPATIEMMENT NOS PENSÉES. Peut-être pas sur tout. Il y a des sujets qui ne nous appartiennent pas, sur lequel la meilleur chose qu’on puisse publier c’est un copié collé du lien d’un article par une personne concernée. Mais il ya tout un tas de choses sur laquelle TU ES LA SEULE PERSONNE à pouvoir écrire. Sérieux, pense à ça. Commence une liste  » les histoires que je suis la/le seul.e à pouvoir raconter ». Je parie que ya de quoi écrire un tas de posts!

Après ce qu’il faut, c’est le courage de se rendre vulnérable. Je vais pas prétendre que c’est facile à trouver, si c’était le cas peut-être que je serais en train d’écrire une de ces histoires que seule moi peut raconter plutôt que d’essayer de vous convaincre de faire un blog. Mais même écrire ce post me demande une certaines doses de courage. Et c’est complètement ok de commencer tranquille. De se tremper peu à peu.

Tu pourrais commencer par juste laisser un commentaire sur ce post. Je dis pas ça pour avoir des commentaires, ça ne me préoccupe pas du tout (bien que ça me fasse plaisir!). Mais je sais que rien qu’écrire un commentaire demande une petite dose de courage, de confiance que ce qu’on a à dire compte, vaut le coup. Des questions auquel tu pourrais répondre:

est-ce que tu lis des blogs? lesquels?

est-ce que tu écris? est-ce que t’aimerais écrire? un blog?

qu’est-ce qui t’en empêche?

quels sont des sujets sur lesquels tu aurais pleins de choses à dire? des histoires que seul toi peut raconter?

 

amour et courage !

a bone to pick with Mr. Robot

I used to have a few bones to pick with Mr. Robot.

First, I used to think that Mr.Robot was annoying because it had people of color as characters, but only in the background, not as leads, while the lead was another white dude.

Today though, I found out that  Eliot is actually played by an egyptian-american called Rami Malek. So what the show actually has is a whitewashed lead, whose character as a white name (« Eliot Alderson ») and white father and sister & a mother who’s not white but we don’t really see/ hear about her enough to actually learn that. This article by a Persian-American actor considers the matter in depth.

Then some relevant comments under the article made me rethink everything again with arguments such as « characters are written before the actor is cast » or « if he had an arab name than it would also be offensing because of how white he looks, like brown people can’t actually be played by brown people » and then also that eliot is considered a terrorist, and it might end up seeming like a stereotype if he was arab… So I’m not sure what I think anymore.

Another thing I found annoying was how dramatized his delusions were made to be. Made me think of United States of Tara and all the other shows that use delusions as some kind of cinematic device to make cool things happen on screen. His social anxiety & depression seemed to me a lot more relatable and realistic. But I wasn’t certain either because I don’t have delusions…. So I looked for an article by a person who does, found one, and according to the author, it’s actually a good portrayal of the « disorder »:

Mr. Robot does a fantastic job of theatrically reproducing the experience of navigating interactions with dissociative “parts” (or “passengers” as I sometimes call them). Most productions that feature a character with DID depict them from another character’s point of view — we aren’t given access to how a fractured consciousness is experienced from the inside. As a rare artistic representation of DID from the user’s perspective, Mr. Robot is bang on.

 

So I guess, in the end the only bone I can really pick with this show, and it’s a pretty big one,  is the constant manarchist violence. Seriously, can we have a show about like qtpoc disabled  femmes doing transformative & healing justice? Less black hoodies, more pink strass jacket? Pretty please???

 

 

entrer en présence

J’aime pas faire la bise à des inconnues.

J’aime pas quand on me demande « comment ça va » quand c’est pas vraiment attendu ou possible de répondre la vérité.

Et je pense qu’on est beaucoup de personnes neurodivergentes ou folles à ressentir la même chose. Peut-être même des neurotypiques d’ailleurs.

Pourtant je le fais aussi, par réflexe ou pression sociale. Alors je me dis qu’il est temps de vraiment y réfléchir.

Pour la bise… Je crois que la fais pour signifier que je reconnais la présence de quelqu’un. Pour dire bonjour quoi, sauf que simplement dire bonjour ne suffit pas vraiment, ça parait distant, snob? Mais je crois que faire un signe, en souriant, en regardant la personne, en vrai ça peut être bien plus une réelle prise en compte de la personne que si on lui fait la bise automatiquement, vite fait.

Peut-être aussi que des fois on ne se sent pas de vraiment prendre compte, vraiment rentrer en présence de quelqu’un. Ya pas de façon de dire bonjour qui puisse remplacer cette absence.

Mes amies, quand je suis disponible, j’aime mieux leur faire des calins. Ou alors des bisous sur les joues.

En tout cas ça me semble loin d’être triviale, d’avoir un geste, un rituel pour reconnaître qu’on entre en présence de quelqu’un, et qu’on en sort… Ca m’intéresse de parler de ça, des façons dont on se sent accueilli, reconnu… Des façons dont on se sent snobé… De comment dealer avec le fait que l’énergie, l’envie ne soit juste pas là pour ça…

J’aimerais en parler plus avec les gens & me sentir moins obligé de contact de joue (j’allais dire joviale, mais non) au to ma tique.

 

« Ca va? »

Cette étrange question. On se la pose si souvent. Des fois on veut vraiment savoir. Des fois c’est un réflexe. Dur de savoir si elle est vraiment posé. Dur de savoir si on peut dire la vérité. Si souvent la vérité semble demander trop de syllabe, alors on ne l’a dit pas.

Mais même quand c’est un réflexe, je pense que y a toujours une recherche de connexion. C’est l’étape d’après la bise. On ne rentre seulement en présence, on rentre en attention, en échange.

Je ne vois pas si simplement une phrase qui serait mieux. Ce que je vois c’est dans quoi s’inscrit cette phrase. Dans on a pas assez de temps. Dans on est si seul.e. On veut se connecté mais on a aussi peur et puis de toute façon on a des trucs à faire. « Comment ça va?  » assis avec une tisane et du temps devant nous, ce n’est pas pareil que au téléphone quand on se capte pour organiser un truc et qu’on doit filer à un autre rendez vous. Ca veut pas dire qu’on ne veut pas vraiment savoir…

Mais pour celleux d’entre nous dont les réalités émotionnelles sont complexes et intenses et des fois tout simplement intenable, he bien cette question sonne un peu comme « Quelle est la météo sur Terre? ». Heu par où commencer… C’est juste pas une question auquel on peut répondre plusieurs fois par jour honnêtement.

Je me creuse la tête à la recherche de la question, de l’accroche, que j’aimerais entendre pour entamer l’échange en douceur plutôt que dans le chaos de me demander comment je vais.

Mais bien sûr il n’y en a pas une. C’est forcément situationnelle.

Ça pourrait être

t’es où?

tu fais quoi?

qu’est-ce qu’il s’est passé dans ta vie aujourd’hui?

t’as bu de l’eau récemment?

t’as mangé quoi à ton dernier repas?

t’as fais un rêve la nuit dernière?

c’est quoi la dernière musique que t’as écouté?

quel est le plus bel objet que t’as sous les yeux?

 

ÉVIDEMMENT!!! La solution à la bise et au « ca va » réflexe, c’est la créativité!! La bizzarerie!

Et si A CHAQUE FOIS qu’on voyait ou qu’on appelait un.e ami.e on le/la saluait d’une manière différente et on lui poser une question originale?

Peut-être pour oser faudrait qu’on en parle ensemble, qu’on se dise qu’on essaye ça. Et qu’on s’en voudra pas si on est trop fatigué et qu’on y arrive pas.

 

This is Us: a review

(Since I’m doing NaBloPoMo and have to post once a day, I get to finally indulge in writing tv show reviews! So exciting!!)

Recently I started watching a brand new show called This is Us. I tried it because it seemed to me like maybe, maybe, it was not gonna be a show where people fight shoot kill die all the time. I complain a lot about the Doomsday Channel, how hard it is to find shows who do not put my adrenals on overdrive anymore that they already are. Of course there are all the 20 mn shows with terrible humour . But when you’re looking fo ra  45mn show with good acting, good writing, good scenography, queer & poc & women & otherwise marginalized leads that also do not involve terrible things happening all the time, well there is very little choice.  How to get away with murder? terrible things happening all the time. Scandal? Terrible things happening all the time. Orphan black? Terrible things happening every second (I didn’t even finish last season). Sense8? I got trough 4 episodes. Orange is the New Black? Don’t get me started on that trauma porn horror. Agents of Shields? Nooope.  The only show that would sort of fall into that category of good shows with marginalized leads without constant violence is Jane the Virgin. There is some kidnapping & murder  but not too often, and they take a humorous lense to it but maybet hat  minimizes violence?

As someone struggling with trauma, I’ve noticed how watching violent shows makes me more anxious, more afraid of leaving my house, more afraid of sleeping… I noticed the difference last winter from when I was watching Private Practice (terrible things happening way to often) to when I was watching the Heart of Dixie (not a good show, but definitely not violent), how I felt much more light & open (like you know, relatively. In comparison). All that to say, a good show that gives my adrenals a break is a pretty big deal.

This Is Us is such a show. Now, it’s not the show of my dreams either, but additionnaly to the lack of violence, it’s got good acting and compelling stories. Basically, it’s about three sibilngs and their parents. We follow the siblings’ lives in the current time, as adults,  and their parent’s lives when they were growing up (so in the 80’s or something). In the first episode we see how the parents, Jack and Rebecca, who are white, were excepting triplets, and one of them died in labor, and they ended up adopting a black baby  who was abandonned at a fire station. In the current time, the sibilings are celebrating their birthday. Randall is a weather trader with a wife and two daughters;  who just finally found his biological father whom he meets. One of the twins, Kevin, is an actor for one of those 20 mn tv shows with terrible humor and his sister, Kate is basically his assistant, struggling with fatphobia in Hollywood, until he decides to quit the shows to go act in broadway as she starts dating a fat man she met in a support group. That’s the basic setting. Pretty compelling right?

A few things that really touched me (+) or gave me pause (-) on the show:

– Randall as a kid is lot more light-skinned than as an adult, and that’s just not okay. I’ve seen this happen other times, like in a french movie recently were the teenage son of two really dark skinned parents was super pale and it just didn’t make any sense. It’s just super disrespectful, by which I mean racist, like the producers were just like « well he’s black so it will do! ».

+ The dynamics around white parents adopting a black baby & how they were messing up with his hair & how few black people there were in the town they lived in & how his brother was treating him badly is a big theme in the show.

+ Randall and his wife Beth are such a secure couple & their daughters are awesome, I want to see more of them, in the last episode I saw (s01e06) it felt like maybe it was almost posible for them to be treated like real characters and not just props like most tv shows treat kids… But I’m not betting it will actually happen. Ageism runs deep.

+ Yeah in between the daughters and William there’s some ongoing intergenerationnality, that’s really rare…Usually shows will only have the occasional grandparent poping up… and also there could be more!

-It’s upsetting how tv shows often show poor poc people moving out of their neighborhood into new white rich neighborhoods like boom when they get the chance! I mean okay, William’s dying and probably getting to spend time with his son & his family is a pretty big deal, but he’s lived all his life in his neighborhood, I have a hard time believing he isn’t attached to anyone or anything there expect his cat. (the same thing happened at the beginning of Switched at Birth, so I’m calling it a thing. A classist racist thing).

-Everybody is like super wealthy. Except for William everyone is middle class or much upper. It’s like they only dare put black families on tv if they’re wealthy (yeah I’m talking about you Black-ish).

+/-??? So I think it’s cool there’s a fat lead, but I’m not sure how it’s landing that her life is  so focused around her weight…. I  really don’t know if the lense they’re taking subverts or reinforces fatphobia. I’m just really ignorant & privileged about that.

Oh also it’s totally a tear jerker. But for me so far its been emotionnally cleansing not retraumatising. Keeping my fingers crossed!

 

no easy fix

(so, I’m gonna try to do NaNoBloMo: write a post a day for all of November. I want to get into the habit of actually writing and publishing regularly here…So here goes not-nothing :))

My friends just moved out of a house they lived in for 4 years. I lived in it for a few months too. It was an old powerful house in the country, where they had grown huge gardens full of medicinal plants, vegetables, legumes and they were even starting to grow rice. They decided to leave that house because after many people living there, and some conflicts, there was only two of them left. One was leaving the country for 6 months, so the other didn’t really feel like staying on his own. They needed a new start I guess.

But there wasn’t really only two of them. There was also a cat, named Minette. When I was living there I spend a lot of time with her: we were the only hardcore cuddlers in the house. Minette is now leaving with my friend in an appartment in the city, and she is sleeping all day. She is sad. In some ways, I feel like I understand her. I loved that house, the old stones the house is built with and the flowers and the big stone you can see from the farther end of one the gardens, a big stone in the middle of a field that feels so magical and imposing I never thought to go and touch it before just this moment and now I never will be able to.

Yet, I don’t think I really understand what Minette is going trough. She lived in that house, almost non-stop, for four years. She curled in every corner of the house, she ran trough the fields and chased, and rested under the trees. In reality I cannot described the life she lived there, I cannot imagine what it is like to be a cat, her relationship to the land. I only can guess how her whole body learned the land, how she made it her home. There was a time we humans did that too (some still try). There will be a time we will again.

For the moment, I have no idea how that’s like. I havent lived somewhere longer than a couple years in a long time. Most places I lived where in cities, and in all cases I didn’t spend that much time out, making friends with the trees and all the other beings. Maybe one reason I didn’t, maybe one reason I cannot bring myself to truly connect with the living world, is because I always  know I will have to leave someday down the line, and it is too much to loose. But Minette had no way to know that, to know she would have to leave, that she shouldn’t get attached. And more tragically, she had no agency, no way to participate in the decision of moving in and out.

As I’m writing this, I’m just remembering, there’s a dead fish on a plate next to me. I was excited yesterday when I learned my friends had cooked fish. After being vegetarian for ten years, fish is the only meat I can eat and I really like the taste and how nutritive it feels. WhatI didn’t excpect, maybe since I’m so used to canned fished, is for ki* to be so intact. I put ki on my plate with the other food anyway. But as I was eating the rest of the plate, I couldnt keep my eyes of kis. They seemed whitened by death, full of fear and a certain anger. I tried to eat it, but I couldn’t. Maybe it’s because the veil between the worlds are thin this time of time of year, but I was very aware ki was a dead being.  So now ki’s just rotting there on that plate, dead for nothing.

Me and my friends are doing what we can. They had to leave that house. I have to eat what my body truly needs. I wish there was an easy answer where no being would have to suffer. But there are only hard questions and trying to do right in a messy unbalanced unrooted world.

When I started eating fish again two years ago, I would light a candle and say a prayer for the soul I took. When I started eating fish in cans, the easiest way to eat it, I didn’t keep up that practice. I didn’t even think to do it this time.  Maybe it’s not too late.

As for Minette, how to even make that loss right by her? She is old, and I’m afraid she will let herself go, too sad to hold on, to wait for the new land they will move into someday. I hate cities with all my heart, and I can use the internet. I can’t really imagine what would make life in an appartment liveable let alone enjoyable for her. I know there is no easy fix for « mental illness » when the reasons are structural (and they often are), and that holds for cats too.

Maybe I’ll just tell her: I’m sorry, it’s terrible what happening to you. It truly is. You didn’t  get to choose to leave, and where you went. You have the right to be mad and sad, and to grieve for as long as you need. But if you can hold on,  stay alive, one day, there will be another land for you to fall in love with.  And I I’m not sure if it’s enough to hold on too, I’m still waiting for my first one, you see. I’m not sure the hope is enough for me to hold on either. But let’s try okay? Let’s just try. 


 

*« ki »  is a pronoun for living beings which replaces the objectifying « it » .For the moment I am keeping « She » for Minette because  « ki » for her would feel a little distancing (maybe just because the pronoun is new? because she’s like my cuddle buddy and I humanize her? idk) though she did not chose her gender… I’ll keep thinking about it!

(c’est)Complétement toqué (d’en arriver là)!

Publié dans Timult n°8 Septembre 2014

L’article est un peu dur à lire en ligne, je vais essayer de modifier ça vite, mais vous pouvez aussi le télécharger en PDF en cliquant là: completement-toque-timult8

L’ENFER DONT TU ES L’HERO.INE

Ça commence comme ça : t’es quelqu’un de très sensible, et il t’arrive un truc, un « traumatisme » comme ça s’appelle. Ton système arrive pas à gérer, alors tu bidouilles quelque chose pour que la vie reste supportable, quelque chose que tu faisais peut-être déjà des fois. Ça commence pas direct, ça prend même assez de temps pour que tu fasses pas forcément le lien. Mais un jour, tu vas dans un festival avec des gens qui sont pas sympa avec toi, et en rentrant tu passes un coup d’éponge sur ton sac à dos. Puis t’invites un type chez toi qui te drague et t’engueule quand tu refuses ses avances, et quand il se barre, tu te douches et changes de fringue. Pas grand chose quoi. Mais peu à peu, tout rentre dans cette logique, tu gères tout comme ça, faut que tu te douches avant d’aller dans ton lit et que tu touches rien entre les deux (t’as des chaussons spéciaux pour faire le trajet), tu laves l’étendage et le tour de la machine avant d’étendre tes vêtements, quand tu rentres chez toi de dehors tu laves tout : ton sac, ce qu’il y a dans ton sac, tes habits, y compris ton manteau et tes chaussures (autant dire que l’hiver tu sors pas beaucoup, et que t’as souvent froid parce que pour avoir chaud faudrait faire une machine par jour et que ça te prend jusqu’à 3h pour l’étendre)… Bref il faut absolument éviter le contact, la contamination, entre toi et tout ce qui te dérange dans le monde. Tes proches commencent à s’inquiéter, les potes te demandent si tu deviendrais pas folle pour de bon, ta mère te hurle d’aller te faire soigner. M’enfin ça va pas plus loin que ça. En plus comme t’arrives toujours à aller au travail (tu te laves quand tu rentres mais sur place rien n’y paraît), ça passe. Peu à peu tu renonces. Aux jeux de société, au tricot, au dessin, aux livres, au cinéma, au café, aux ami·es. Tu regardes de plus en plus la télé, parce que c’est encore l’activité qui demande le moins de toucher des trucs. À un moment, la souffrance que ça te provoque devient plus forte que le sentiment de protection que ça t’amène, et t’arrives à aller voir un psychiatre. Il te colle des médocs et te conseille d’aller voir un·e psychothérapeute comportementaliste (els commencent depuis peu à traiter les tocs[1], ce qui est déjà mieux que quand c’était même pas reconnu). Continue reading (c’est)Complétement toqué (d’en arriver là)!

Préliminaires, contrôle médicale et thermomètres

Originellement publié dans Offensive n°32 Libération sexuelle Décembre 2011 sous le titre « Si je veux, quand je veux »

S’il y a bien une notion essentielle à la liberté sexuelle et procréatrice, c’est celle de choix. Le choix de: si, quand, avec qui et comment l’on a des rapports sexuels et le choix de : si, quand, avec qui et comment l’on intègre un jeune humain dans sa vie. Avoir le choix implique, non seulement de ne pas y être contraint-e-s, d’avoir accès aux moyens contraceptifs et abortifs, mais aussi de pas être depuis le berceau imprégnés par une idéologie réduisant les choix socialement acceptables. On ne peut pas dire que ce soit le cas à l’heure actuelle.

Procréer est souvent présenté comme un passage obligatoire, une fatalité de la vie; un fait de nature. Pourtant »l’espèce humaine est relativement infertile.. »1 et le seul acte fécondant, le coït n’est pas le seul acte sexuel possible, ni le seul procurant du plaisir. D’ailleurs, pour une part non négligeable de femmes, il n’en procure que peu ou pas. C’est donc tout un dispositif social, idéologique et parfois de contraintes physiques et psychiques qui sont nécessaires pour que le risque de grossesse soit si présent dans la vie des femmes.

Continue reading Préliminaires, contrôle médicale et thermomètres

Mais où sont les enfants (et les parents) dans La Lutte ;) ?

Publié dans Labordage n°1 Avril 2013

La première fois que j’ai vu un espace enfant ma réaction a été viscérale : «bonjour l’apartheid social !». Cet espace me faisait l’effet de servir à «parquer» les enfants sous la surveillance de quelques adultes de façon à ce que les autres soient tranquilles pour réunionner/ faire la fête. Ce qui selon moi ne questionnait pas du tout la division adultes/enfants ni l’exclusion de ces derniers des réunions.
En plus, il s’appelait «espace parent-enfant», ce qui n’incitait pas vraiment au partage de l’attention aux enfants entre parents et non parents.

J’avais alors eu envie de réfléchir à des dispositifs tels qu’ un «espace jeux» où n’importe qui ayant envie de jouer plutôt que de faire des réunions pourrait venir. On y trouverait des jeux, des crayons, du papier, des déguisements, que sais-je. Voilà, pas de catégorisation «adulte» «enfant» «parent», c’est parfait. Ce serait couplé d’un espace soin «pour tout le monde» bien sûr, où y’aurait des boites de premiers secours, des tables à massage et à langer, des référents médics.

Sur quoi, j’ai lu don’t leave your friends behind1, « une anthologie (américaine, ndt) de conseils concrets, de suggestions et de récits sur les manières dont les non-parents peuvent soutenir les enfants, les parents et autres accompagnants dans leurs communautés, mouvements sociaux et processus collectifs ».
Dans ce sens, a été notamment développé dans plusieurs villes des états-unis un outil : le radical childcare collective  (collectif d’attention aux enfants radicale).

Continue reading Mais où sont les enfants (et les parents) dans La Lutte 😉 ?

Mon cerveau ne sera jamais formé

Effets de lecture : « le cerveau évolue-t-il au cours de la vie ?

Publié dans Labordage n°1 Avril 2013

« Au cours des apprentissages et des expériences, c’est la structure même du cerveau qui se modifie avec la fabrication de nouvelles connexions entre les neurones. On parle de plasticité cérébrale pour décrire cette extraordinaire propriété du cerveau qui se façonne au cours de l’histoire vécue. »

La neurobiologie, ça me rassure. J’aime considérer mes processus mentaux comme des chemins de pensées-des connexions de neurones (synapses), qui se font et se défont, rapidement, par l’entraînement, plutôt que comme des inconscients-je-ne-sais-quoi ou des instincts gravés dans mes gênes.

J’aime le fait que les dés ne soit pas jetés d’avance, ni à la naissance, ni à six, ni à dix-huit ans.
Mon cerveau ne sera jamais formé, et ça m’enchante, et ça m’apaise.

Continue reading Mon cerveau ne sera jamais formé